Développer le sens de la responsabilité - Thème de réunion

La question de la responsabilité est centrale dans la pensée sociale chrétienne comme dans le quotidien des entreprises.

Parmi les candidats rencontrés pour un recrutement cer- tains semblent plus disposés que d’autres à l’exercice de la responsabilité136. Ils ont le sens du résultat, le sens du collectif, assument les erreurs, proposent des solutions. Leur expérience professionnelle pour les plus âgés ou leur vie associative ou sportive démontrent cette capacité. Ce sont souvent des personnes qui dans leur jeunesse ont eu la chance de recevoir dans leur univers familial ou éducatif les richesses qui les préparent à assumer une responsabilité.

Ainsi le scoutisme est-il une formidable école de formation à la responsabilité. Ces résultats ne peuvent qu’inciter à s’ins- pirer de ses méthodes. Il est à remarquer que le scoutisme ne se vit pas comme une série de contraintes morales mais comme une adhésion à un état « celui d’être scout ». Celui-ci s’impose non comme un devoir mais comme un fait qui se développe au travers de moyens simples et efficaces :

Focus sur la méthode scoute

  • La vie dans la nature apprend à se confronter à la difficulté et au réel,
  • La vie en patrouille développe le sens de l’équipe. Les plus âgés s’oc- cupant des plus jeunes,
  • Des responsabilités concrètes. Chacun en fonction de son âge, de son expérience et de ses talents assure un rôle au service de tous,
  • Des conseils à tous les niveaux. Conseil de patrouille, conseil de chef. Chacun participe au gouvernement de la patrouille ou de la troupe et y ap- prend à discerner et à décider,
  • Des jeux et des défis pour apprendre à s’organiser et surmonter les difficultés,
  • Une progression visible adaptée à chacun,
  • Des règles et des rituels qui scandent la vie collective.

En s’inspirant du scoutisme voici quelques points d’attention dans l’accompagnement des collaborateurs et tout particulièrement les nouveaux :

Prendre le temps de bien faire comprendre la responsabilité confiée : son périmètre, les résultats à obtenir, le sens de cette responsabilité. Chacun doit comprendre « qu’il est unique et irremplaçable » et en quoi de son action dépend la réussite de l’ensemble. De plus il est bon que la responsabilité soit exercée vis-à-vis de personnes concrètes, clients, collègues d’une fonction ou d’un poste suivant... capables de dire si ce qui a été fait est bon. Ainsi nous retrouvons le sens premier de la responsabilité « ré- pondre de » : « devant qui réponds-tu de tes actes ? »

Être progressif dans le niveau de responsabilités confiées. Faire progresser ses collaborateurs demande de se donner les moyens de les accompagner. C’est leur consacrer du temps pour relire avec eux leur travail : qu’est-ce que tu as réussi ? Comment as-tu fait ? En quoi peux-tu progresser ? C’est aussi le moment d’ancrer le sens de ce qu’ils font.

Distinguer erreur et faute. Apprendre à chacun à faire cette distinction. L’erreur est le propre de l’homme qui n’est pas parfait et peut se tromper. Chaque erreur est une occasion de progrès. La faute n’est pas du même ordre car dans la faute, il y a une idée de manquement aux règles morales et éthiques. Ainsi se tromper technique- ment dans la façon d’assembler des pièces et provoquer une casse est une erreur. Le cacher est une faute.

La distinction n’est pas toujours nette mais chaque difficulté est l’occasion d’échanger sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas et ainsi structurer la conscience morale de chacun. À cet effet, les premières années de vie professionnelle et l’influence des premiers managers sont particulièrement dé- terminants dans la formation de la conscience.

Lorsqu’une personne commet une erreur, pour lui donner le sens de sa responsabilité, il importe – dans la mesure du possible – de lui demander de réparer son erreur. Quand il y a faute, la nécessité est la même mais la demande de pardon devient nécessaire. C’est dans ces situations qu’une sanction doit être envisagée.

Reconnaître la contribution du collaborateur dans le cadre des responsabilités assumées. Les meilleurs moments pour reconnaître la capacité à assumer d’un collaborateur sont les erreurs surmontées et les moments de difficultés. Quand un collaborateur démontre sa capacité à corriger des difficultés, il est particulièrement important de reconnaître cette capacité : « bravo ! Tu as su gérer les difficultés, tu as su corriger les erreurs... »

Questions pour le partage en équipe
  • Comment est-ce que je responsabilise mes collaborateurs ?
  • Comment est-ce que je développe leur sens de la responsabilité ?
  • Comment est-ce que je les connecte au concret et leur fais percevoir les conséquences de ce qu’ils font ? De ce qui est bon ou pas bon pour l’entreprise ? De ce qui est juste ou injuste ?
  • Dans mon entreprise, chacun a-t-il intérêt à assumer ses erreurs ? Peut-il prendre des risques ?