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Effondrement économique… ou pas ? [Podcast RCF]

01 décembre 2022 Médias
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L’effondrement économique que l’on nous annonçait ces derniers mois ne s’est pas produit… Alors est-il opportun de répandre l’inquiétude ? Ne faut-il pas mieux faire preuve d’optimisme et rester confiant plutôt que de sombrer dans le pessimisme, cette autre version du désespoir si mortifère… Mais loin de moi aussi l’optimisme béat qui risquerait de nous couper de la réalité et de nous empêcher toute forme d’anticipation et de réaction. Cultivons le réalisme qui consiste à regarder la situation avec courage sans jamais perdre l’espérance… Pas d’effondrement économique mais nombre d’indicateurs ne sont pas vraiment au beau fixe et nous pouvons raisonnablement envisager que produire plus avec les hausses actuelles des coûts de l’énergie parait impensable.

Effondrement économique ? ou simplement réduction d’activités ?

Bien des entreprises réfléchissent à réduire leurs activités dans les mois à venir… Voire de les stopper complètement suite à la pénurie d’énergie et à la hausse des prix qui l’accompagnent. Certaines demandent déjà le placement de leurs salariés en chômage partiel, d’autres réduisent à 3 ou 4 jours l’activité de leurs usines. Dans ces conditions, on a du mal à imaginer le plein emploi que le gouvernement continue à nous promettre et il y a fort à parier que le chômage ne diminuera pas mais augmentera en 2023.

Les plans de réindustrialisation voulus par tous peuvent-ils en être pénalisés ?

Les plans de réindustrialisation seront inévitablement remis en cause ! N’oublions pas que nous avons détruit 2 millions d’emplois dans l’industrie depuis les années 1980. Compte tenu de la période que nous vivons, nous risquons d’en voir disparaître encore une partie car personne ne peut croire qu’en arrêtant les usines, en utilisant moins d’énergie, notre industrie va croître et les investisseurs industriels continuer d’investir en France.

Pessimisme, effondrement économique… quelle espérance peut-on encore avoir ?

Pour sortir de cette crise, il faut regarder la réalité en face et ne pas chercher à l’occulter. Nous avons des raisons d’espérer. D’abord, il y a cette nécessité de remettre en marche le parc nucléaire français qui, vous le savez, est à moins de 50% de ses capacités suite au désinvestissement dans l’industrie nucléaire. Nous avions, il faut le dire, un véritable avantage concurrentiel par rapport à nos concurrents mais cet avantage, il faut le dire, a été considérablement entamé depuis de nombreuses années pour des raisons politiques. Au moment où le coût de l’énergie explose, ce serait quand même incroyable de ne pas investir dans une industrie dont nous maitrisons les savoir-faire.

Éviter l’effondrement économique en quelques mois ? comment tenir pendant ce temps ?

Cela prendra du temps et d’ici-là, nombre de nos entreprises se retrouveront dans des situations difficiles, même sans effondrement économique. C’est pourquoi, au-delà des mesures « pansement » que nos politiques ne manqueront pas de mettre en œuvre (je pense par exemple au bouclier tarifaire) il faut espérer que cette crise nous poussera à remettre à plat notre façon de façon de penser l’économie… Les temps de crise sont souvent des temps de remise en cause profondes et que notre époque n’échappera pas à cette loi… Et c’est tant mieux !

Un temps pour réinventer nos façons de produire ?

Dans une économie où le prix de l’énergie augmente, ou les taux d’intérêt sont en hausse, où il est difficile de recruter, où les capacités de production sont entamées (et nous pourrions ajouter plein d’autres facteurs à la liste) il faut réinventer nos façons de produire et de commercialiser, réinterroger nos pratiques managériales, interroger la finalité de nos activités, etc. C’est le rôle des entrepreneurs et des dirigeants et il faut leur faire confiance car ils sont au contact du réel et ils savent bien eux, que plus que l’accumulation massive de moyens de production, plus que les règlementations ou les normes, plus que les décisions politiques, c’est la capacité des travailleurs à se mobiliser dans un projet qui a du sens qui détermine les résultats. L’espérance ici, c’est cette conviction que malgré l’effondrement économique que certains voient venir, les temps difficiles que nous vivons sont aussi une formidable occasion de provoquer des changements radicaux pour redécouvrir une économie au service des personnes, et non l’inverse.

Une chronique de Pierre Collignon.




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